Portraits

Denis Carretero (Chef de projet R&D chez DCNS à Toulon)

Voilà 5 ans que Denis Carretero est entré dans la vie active, avec un diplôme d’ingénierie « conception de systèmes mécaniques » en poche. En intégrant d’emblée l’une des plus grandes industries françaises, Denis suit, au sein de DCNS, un parcours évolutif qui d’ores et déjà le hisse à des fonctions de chef de projets R&D.

« J’étais un spécialiste de rien mais un curieux de tout »

Depuis votre entrée dans la vie active, quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis entré chez DCNS, division Services à Toulon, en 2008, en tant qu’ingénieur d’études sur des domaines assez classiques qui ont fait appel à mes différentes connaissances mécaniques. Puis rapidement, j’ai pris en charge quelques études plus orientées R&D et depuis 2010, je suis passé Chef de Projets Recherche & Développement, toujours au sein de DCNS Toulon. Je m’occupe essentiellement de tout ce qui touche à l’inspection des coques et des structures des navires de la Marine, bâtiments de surface et sous-marins, ainsi que des applications plus orientées sur la marine civile et les marchés offshore.

C’est le parcours que vous espériez suivre en sortant de l’école ?

C’était pour moi le poste idéal d’autant que, pour des raisons personnelles, je souhaitais rester dans les abords de Toulon. J’ai eu la chance de pouvoir me positionner comme un candidat sérieux grâce à mon stage de fin d’études que j’avais déjà réalisé chez DCNS à Lorient, au sein de la division Systèmes Navals de Surface. J’avais également effectué mon stage de 2ème année chez DGA, au Bassin d’Essais des Carènes, ainsi, par ma formation et mes stages, j’ai pu montrer ma volonté d’intégrer le milieu industriel naval.

Qu’est-ce que votre formation vous a principalement apporté ?

Les stages de longue durée que nous effectuons dès la 2ème année sont, à mon avis, un atout important qui nous permet de mieux appréhender la réalité du monde industriel. En fin de seconde année, j’ai choisi la spécialisation « conception des systèmes mécaniques » pour garder le plus large éventail de connaissances et apprendre les bases de la culture de l’innovation. Pour résumer, en sortant de mes études, j’étais un spécialiste de rien mais un curieux de tout ! On nous donne une boîte à outils et on nous inculque une ouverture d’esprit technique qui nous permet de savoir aborder un problème, rechercher la solution et de nous adapter facilement à des situations nouvelles.

Nelly Pustelnik (Chercheur au CNRS, Doctorat en traitement du signal et des images)

Nelly Pustelnik fait partie de ces personnes que l’on dit « studieuses » au sens littéral du terme. Car ce sont au total près de 10 années d’études qui l’ont conduite jusqu’à la fonction de chargée de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physique de l’ENS de Lyon.

« Il faut envisager la thèse comme l’approfondissement d’une thématique avec une grande liberté »

En quelques mots, présentez-nous votre cursus ?

Mon cursus est assez classique : après le lycée, je suis allée en classe préparatoire aux grandes écoles puis j’ai passé le concours pour intégrer la filière Ingénierie Marine. En dernière année, j’ai bénéficié d’un petit aménagement de mon emploi du temps pour faire, en parallèle de l’école d’ingénieur, un Master associé à l’option Télécom. Une fois mes 2 diplômes obtenus, je suis montée à Paris pour faire une thèse, puis j’ai fait un postdoctorat à Bordeaux et enfin j’ai été recrutée au CNRS.

Sur quel thème portait votre stage de dernière année d’Ecole d’Ingénieurs ?

En ayant choisi d’effectuer, en parallèle de mon enseignement Marine, le Master lié à l’option Télécom, je cherchais plutôt un stage conciliant les deux domaines au travers de la robotique sous-marine. Parmi les laboratoires traitant ce thème, j’ai effectué mon stage dans celui de Sofia-Antipolis qui m’a mis au contact du traitement du signal et des images. En plus du sujet de stage, j’ai participé, avec une dizaine d’étudiants, à la création d’un robot sous-marin autonome en vue du « Challenge SAUC-E », un challenge européen dédié à la robotique sous-marine. Ce stage était extrêmement motivant et m’a convaincu de poursuivre dans le milieu de la recherche et du traitement d’image.

Aller jusqu’au Doctorat c’est un long parcours…

Effectivement, j’ai commencé ma thèse en 2007 et je l’ai terminée fin 2010. Quand on fait une thèse, c’est certes un travail de longue haleine avec une rémunération modeste mais cela est largement compensé par la possibilité d’explorer en profondeur une thématique et ceci avec une grande liberté de travail.

Est-ce un passeport garanti pour l’emploi ?

Non pas nécessairement… Il faut savoir que dans le domaine académique les places sont chères quant au milieu industriel, le doctorat n’y est pas pleinement reconnu dans le sens où ce diplôme n’y démontre pas nos capacités d’adaptation. Moi je m’étais fixée l’objectif d’un poste dans le milieu académique donc j’ai dû travailler dur…

… et finalement vous avez rejoint le monde de la recherche ?

Absolument puisque je travaille actuellement en tant que chargée de recherche au CNRS. J’ai été recrutée dans l’équipe de traitement de signal du laboratoire de Physique de l’ENS de Lyon. Cela me permet de m’ouvrir à de nouvelles thématiques de recherche que celles abordées durant ma thèse et mon post-doctorat. Cependant mon sujet de prédilection reste pour l’instant l’optimisation convexe pour le traitement de l’image et du signal, par exemple à travers des thèmes tels que la restauration d’image, la décomposition de signaux…

Aujourd’hui, vous êtes quand même loin de la filière Marine que vous aviez choisie initialement à travers votre école d’ingénieur. Envisagez-vous d’y revenir un jour ?

Dans l’immédiat, ce n’est pas évident, j’ai plutôt pris le parti de travailler sur des thématiques liées à l’option Télécom et j’ai encore beaucoup de choses à faire et à découvrir autour du traitement du signal et des images … Mais qui sait, peut-être qu’un jour je me rapprocherai à nouveau de l’univers la robotique sous-marine. C’est ça aussi l’avantage d’être dans la recherche, les thématiques peuvent se combiner au travers d’un même sujet et on peut alors faire évoluer ses sujets de prédilection !

Florian Turtaut (Ingénieur Chef de projet chez Thales Alenia Space)

C’est par la voie de l’apprentissage que Florian Turtaut avait choisi de mener ses études d’ingénieur entre 2006 et 2009. Pour lui, cette solution répondait idéalement à son souhait de poursuivre ses études après un IUT et à son envie de découvrir la vie active. Quatre ans plus tard, et après avoir encadré une équipe de 10 ingénieurs en qualité de Chef de groupe chez Assystem, Florian a tout récemment rejoint Thalès, l’entreprise qui l’avait accueilli pour ses 3 années d’apprentissage.

« L’apprentissage est la vraie bonne solution »

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre cursus ?

En sortant d’une formation technique en IUT Matériaux à Bordeaux, j’avais le choix entre chercher un emploi ou continuer mes études. Après avoir effectué un stage en entreprise de 3 mois, je ne me voyais pas poursuivre mon cursus sans concilier vie active et académique. J’ai donc choisi cette école qui proposait la spécialité Ingénierie des Matériaux en apprentissage. Lors d’une réunion de pré-rentrée, les responsables (*) de cette formation nous ont donné une liste d’entreprises intéressées par des alternances. J’en ai démarché quelques- unes et j’ai eu la chance d’être pris chez Thalès Alenia Space. J’en suis sorti en 2009 et j’ai conclu mes études en faisant un mastère spécialisé à l’Ecole des Mines de Paris.

Que retenez-vous principalement de vos années d’apprentissage ?

L’un des points forts de cette formation, c’est le rythme assez long et homogène entre les cours et l’entreprise. La première année, on passe 1/3 du temps en entreprise sur des périodes d’un mois environ. En 3ème année, on est plutôt au 2/3 en entreprise pour 1/3 d’enseignement. L’autre point essentiel à mes yeux c’est l’intégration dans l’entreprise. Un stagiaire reste un stagiaire, mais un apprenti est progressivement considéré comme un collaborateur au même titre que les autres salariés !

Que s’est-il passé pour vous, depuis la fin de votre apprentissage ?

Je suis tout d’abord allé dans le naval, à Saint-Mandrier, puis j’ai été recruté par Assystem d’abord comme ingénieur puis rapidement comme Chef de groupe, à la tête d’une équipe de 10 ingénieurs. C’est comme ça que j’ai travaillé pour mon ancien tuteur qui est devenu mon client ! Et c’est comme ça aussi que je suis devenu moi-même le tuteur d’un apprenti issu de la même école que moi !!

C’est plus facile d’être tuteur lorsqu’on a été apprenti soi-même ?

Je pense que c’est à double tranchant. On est certainement plus attentionné et plus à même de donner des conseils par rapport aux rythmes et aux cours qu’on connaît. Mais parfois, on est aussi plus intransigeant lorsque, par exemple, l’apprenti bloque sur un sujet qui nous paraissait facile lorsqu’on était à sa place ! Cela dit, je dois reconnaître que c’était pour moi une fierté d’être de l’autre côté du bureau lorsque je suis venu aider mon apprenti pour ses soutenances… Si l’expérience est à refaire, je n’hésiterai pas un seul instant !

Visiblement, avec l’apprentissage, vous avez vraiment trouvé votre voie ?

Honnêtement, je n’y vois que des avantages et je le conseille d’ailleurs à tous les étudiants que j’ai l’occasion de croiser ! Je viens tout juste de rejoindre l’entreprise qui m’a accueilli durant mes 3 années d’apprentissage. C’est en quelque sorte un retour aux sources et j’en suis ravi !

(*) Marcel Cicebel et Patricia Orfila